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mercredi 5 décembre 2012

Philippe Jaroussky, "La Voix des Rêves"


En 2004, Philippe Jaroussky est lauréat des Victoires de la musique classique dans la catégorie "révélation artiste lyrique". Il est nommé à celle de 2005. En 2007, il est lauréat des Victoires de la musique classique dans la catégorie "artiste lyrique de l'année". Le 13 février 2008, jour de son trentième anniversaire, il remporte la victoire de la musique classique "meilleur enregistrement de l'année".

Contre-ténor remarquable, Philippe Jaroussky passionne depuis 10 ans les amateurs d'opéra avec sa voix de castrat. Il a décidé récemment de prendre une pause de 8 mois , mais a sorti avant un CD, DVD et Blue-RAY compilant ses plus grands titres et six inédits : "La Voix des Rêves". 

 


mardi 4 décembre 2012

Cecilia Bartoli, Sacrificium, Mission




Le précédent album de Cecilia Bartoli, "Sacrificium", raconte l'histoire des castrats dans toute sa complexité : sa beauté, son glamour, ses aspects controversés et sa cruauté.
"L'âge des castrats" a inspiré l'un des répertoires à la plus grande virtuosité écrit pour la voix humaine.
Pendant plus de deux cents ans, on ne put concevoir dans les métropoles musicales européennes de renoncer à la virtuosité des castrats, omniprésents — autrement dit d’hommes qui durant leur prime jeunesse, à la suite d’une opération, s’étaient vu dérober leur sexe et de ce fait leur identité, leur équilibre psychologique et toute possibilité de vie selon une voie bien tracée, l’intention étant de faire de ces enfants mutilés des instruments de musique d’une splendeur sans précédent.


Son nouvel album, "Mission", paru en septembre 2012,  fait couler beaucoup d'encre.
S'il compte de nombreux amateurs et admirateurs, il surprend aussi les puristes étonnés de constater encore et toujours les inventions d'un marketing " pervers "... Pourtant, en dehors de toute évaluation sur le contenu du coffret, reconnaissons la liberté et l'audace inventive de la diva romaine, toujours prête à endosser tous les rôles pour défendre (ou " vendre " diront les mauvaises langues...) la musique qui la passionne.


De ce point de vue, " Mission " marque les esprits, sa couverture surprenante attire l'attention... pour mieux nous conduire vers la sélection musicale... qui elle, est d'une indéniable séduction. Voici un album abouti et bénéfique dévoilant le génie d'un Steffani insoupçonné... véritable précurseur de Haendel.

La justesse stylistique, la générosité de la diva, son engagement à nous offrir la révélation d'un immense compositeur baroque... sont exceptionnels.



mardi 13 novembre 2012

Adèle, ADELE 21




Adèle 21 est le second album de cette chanteuse britannique. Avant la sortie de 21, elle disait : "Je suis très excitée, nerveuse, impatiente, anxieuse, mais vachement contente d'annoncer mon nouvel album ! (...) Il est différent de 19, il s'agit de la même chose mais sous un angle différent. Je vois les choses différemment maintenant, je suis plus patiente, plus honnête, plus tolérante et plus consciente de mes propres défauts, de mes habitudes et de mes principes." Adèle admet que 21 est inspiré d'une rupture, surtout pour la chanson "Someone like you" qui a été écrite après sa rupture avec son ancien copain.
Un tempérament trempé dans l’acier, une voix soul à damner la foule, un premier album impeccable, accessible (une soul torturée dans l’air du temps assortie d’une production léchée) tout en étant signé chez le plus prestigieux des labels indépendants, Rough Trade… Si elle n’a que 19 ans lors de ses débuts fracassants, Adele possède déjà l’aura des grandes chanteuses. 21, son second opus, ne saurait dire le contraire. Bien entourée (les maîtres du son Paul Epworth et Rick Rubin), et encore plus assurée, la jeune Anglaise assoit sa réputation avec un ensemble de morceaux destinés à tenir l’autoroute de la pop music en toute quiétude. Le rythmé « Rolling in the Deep », avec ses martèlements de pied, ses accents gospel et ses choristes vintage, ouvre donc en force 21.
Juste derrière, « Rumor Has It » préserve le punch de cet album dont on a du mal à croire qu’il repose sur les épaules d’une post adolescente passionnée de Billie Holiday. Il y a encore des démonstrations de soul rustique, volontiers relevée (« Set Fire To The Rain », « He won’t Go ») où Adele s’approche, petit à petit, d’une idole comme Dusty Springfield. Sans oublier ces relents country (« Don’t You Remember ») qui viennent intelligemment enrichir l’ensemble… Cerise sirupeuse sur le gâteau, des ballades certes habitées mais somme toute assez banales (« Take It All », « Someone Like You ») viennent conforter 21 dans son ambition (trop ?) fédératrice. 
Cependant, il s’agit bien d’un album réussi. Réussi parce qu’Adèle chante avec un aplomb qui ne peut laisser indifférent. Réussi parce que ses mélodies attendues et son instrumentation intemporelle font mouche. Réussi parce que ses textes sont savoureux, tricotant sur des thèmes plus qu’usés mais définitivement universels : l’amour fou mais éphémère, le mauvais petit ami, le grand chagrin d’amour, la revanche féminine,...

Françoise Hardy "L'Amour fou"

Un retour artistique majestueux bercé par un thème que Françoise Hardy affectionne particulièrement depuis ses débuts, celui de l’amour impossible, l’amour aussi passionné qu’autodestructeur, celui qui fait perdre la raison.

Le chant de toute une vie. Son hymne personnel à un amour déraisonné, où le bonheur et la douleur sont intimement mêlés. Encore et toujours, Françoise Hardy nous chante la même histoire. La sienne, sans doute, qui habite ses textes depuis son tout premier disque, sorti il y a cinquante ans, quasiment jour pour jour... 

Sur la petite ritournelle de Tous les garçons et 
les filles, une débutante de 18 ans demandait alors, curieusement grave en pleine euphorie yé-yé : « connaîtrai-je bientôt ce qu'est l'amour ? »... Depuis, elle l'a connu. Découvrant qu'il n'était pas, pour elle, empli de la sérénité rêvée.
C'est donc cela qu'elle nous dit ici, sans jamais s'en plaindre ni le regretter. Et là réside la puissance de son disque, point d'orgue — et, qui sait, point final ? — à cinq décennies d'une parfaite cohérence artistique. Ses dix nouvelles chansons portent le sceau de l'essentiel. Françoise Hardy s'y livre, sans faux-semblants ni concessions, quitte à effrayer de prime abord. Par sa mélancolie, ses accents tragiques, sa langueur et sa lenteur, l'album peut inquiéter, ne laissant entendre à l'auditeur de passage que sa noirceur. Disque solennel donc, plus classique que pop, avec son piano lancinant et ses cascades de cordes... A vrai dire, on aurait parfois aimé des arrangements plus modernes ou un tempo plus vivifiant. Mais dès qu'on y revient, qu'on y prête vraiment attention, L'Amour fou impose son rythme. A en devenir ensorcelant. D'abord, parce que dans ses ombres percent mille lumières vives ou tamisées qui donnent à la complexité du sentiment amoureux un infini relief. Ensuite, parce que si on ose l'écouter en face, ce sont aussi nos propres émois et nos propres échecs qu'on y entendra. (Télérama, 12 novembre 2012)
En 13 chansons, Françoise Hardy fait le bilan de toute une vie et tire sa révérence, une fois encore, en toute élégance...