vendredi 16 novembre 2012

Les prix littéraires 2012

Les prix littéraires 2012


Prix Goncourt 

Jérôme FERRARI pour Le Sermon sur la chute de Rome


Prix Renaudot 
Scholastique MUKASONGA pour Notre-Dame du Nil

Prix Médicis 
Emmanuelle PIREYRE pour Féerie générale

Prix Médicis étranger 
Avraham B. YEHOSHUA pour Rétrospective

Prix Fémina
Patrick DEVILLE pour Peste et choléra

Prix Fémina étranger
Julie OTSUKA pour Certaines n’avaient jamais vu la mer

Prix Interallié
Philippe DJIAN pour Oh !




Et le double champion 2012 est...


Joël DICKER pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert

à la fois 

Prix de l'Académie Française 
et
Prix Goncourt des lycéens


mardi 13 novembre 2012

Le prix Nobel de littérature 2012

STOCKHOLM (AFP) - Le romancier chinois Mo Yan a obtenu jeudi le prix Nobel de Littérature 2012, récompensé pour une oeuvre qui dépeint avec réalisme l'histoire mouvementée de son pays et l'attachement à son terroir de Chine orientale où il a grandi. Mo Yan, 57 ans, "avec un réalisme hallucinatoire, unit conte, histoire et le contemporain", a indiqué l'Académie suédoise pour expliquer son choix.
L'Académie suédoise a distingué aujourd'hui l'écrivain chinois Mo Yan, qui "avec un réalisme hallucinatoire, fusionne les légendes folkloriques, l'histoire et le contemporain".

Né en 1955 dans une famille de paysans pauvres à Gaomi, dans la province du Shandong, Mo Yan quitte l'école pour travailler aux champs dès la fin de ses études primaires. Il a longtemps vécu au coeur de la campagne chinoise, dont le souvenir nourrit son oeuvre. En 1979, il s'enrôle dans l'armée et commence à écrire en 1981. Il a publié plus de 80 romans, essais et nouvelles, parmi lesquels Le Clan du sorgho (1993), Les Treize pas(1995), Le Pays de l'alcool (2000), Beaux seins, belles fesses (2004) et La dure loi du Karma (2009). Très populaire dans son pays, il est considéré comme le plus grand écrivain chinois contemporain. "Son oeuvre parfois délirante utilise très malicieusement de multiples registres - la fable animalière, le fantastique, la pantomime ubuesque, la satire déguisée en comédie - pour s'attaquer aux deux grands tabous de son pays, le sexe et le pouvoir, un pays où il n'est pourtant pas censuré" note André Clavel dans L'Express.
"Mo Yan, en associant imagination et réalité, perspective historique et sociale, a créé un univers qui, par sa complexité, rappelle celui d'écrivains tels William Faulkner et Gabriel García Márquez, tout en s'ancrant dans la littérature ancienne chinoise et la tradition populaire du conte", ajoute l'Académie.
Mo Yan  succède au Suédois Tomas Tranströmer. C'est la première fois qu'un écrivain chinois remporte ce prix prestigieux. En 2000, un prix Nobel de Littérature avait récompensé Gao Xingjian, un écrivain d'origine chinoise naturalisé français en 1997.

Adèle, ADELE 21




Adèle 21 est le second album de cette chanteuse britannique. Avant la sortie de 21, elle disait : "Je suis très excitée, nerveuse, impatiente, anxieuse, mais vachement contente d'annoncer mon nouvel album ! (...) Il est différent de 19, il s'agit de la même chose mais sous un angle différent. Je vois les choses différemment maintenant, je suis plus patiente, plus honnête, plus tolérante et plus consciente de mes propres défauts, de mes habitudes et de mes principes." Adèle admet que 21 est inspiré d'une rupture, surtout pour la chanson "Someone like you" qui a été écrite après sa rupture avec son ancien copain.
Un tempérament trempé dans l’acier, une voix soul à damner la foule, un premier album impeccable, accessible (une soul torturée dans l’air du temps assortie d’une production léchée) tout en étant signé chez le plus prestigieux des labels indépendants, Rough Trade… Si elle n’a que 19 ans lors de ses débuts fracassants, Adele possède déjà l’aura des grandes chanteuses. 21, son second opus, ne saurait dire le contraire. Bien entourée (les maîtres du son Paul Epworth et Rick Rubin), et encore plus assurée, la jeune Anglaise assoit sa réputation avec un ensemble de morceaux destinés à tenir l’autoroute de la pop music en toute quiétude. Le rythmé « Rolling in the Deep », avec ses martèlements de pied, ses accents gospel et ses choristes vintage, ouvre donc en force 21.
Juste derrière, « Rumor Has It » préserve le punch de cet album dont on a du mal à croire qu’il repose sur les épaules d’une post adolescente passionnée de Billie Holiday. Il y a encore des démonstrations de soul rustique, volontiers relevée (« Set Fire To The Rain », « He won’t Go ») où Adele s’approche, petit à petit, d’une idole comme Dusty Springfield. Sans oublier ces relents country (« Don’t You Remember ») qui viennent intelligemment enrichir l’ensemble… Cerise sirupeuse sur le gâteau, des ballades certes habitées mais somme toute assez banales (« Take It All », « Someone Like You ») viennent conforter 21 dans son ambition (trop ?) fédératrice. 
Cependant, il s’agit bien d’un album réussi. Réussi parce qu’Adèle chante avec un aplomb qui ne peut laisser indifférent. Réussi parce que ses mélodies attendues et son instrumentation intemporelle font mouche. Réussi parce que ses textes sont savoureux, tricotant sur des thèmes plus qu’usés mais définitivement universels : l’amour fou mais éphémère, le mauvais petit ami, le grand chagrin d’amour, la revanche féminine,...

Françoise Hardy "L'Amour fou"

Un retour artistique majestueux bercé par un thème que Françoise Hardy affectionne particulièrement depuis ses débuts, celui de l’amour impossible, l’amour aussi passionné qu’autodestructeur, celui qui fait perdre la raison.

Le chant de toute une vie. Son hymne personnel à un amour déraisonné, où le bonheur et la douleur sont intimement mêlés. Encore et toujours, Françoise Hardy nous chante la même histoire. La sienne, sans doute, qui habite ses textes depuis son tout premier disque, sorti il y a cinquante ans, quasiment jour pour jour... 

Sur la petite ritournelle de Tous les garçons et 
les filles, une débutante de 18 ans demandait alors, curieusement grave en pleine euphorie yé-yé : « connaîtrai-je bientôt ce qu'est l'amour ? »... Depuis, elle l'a connu. Découvrant qu'il n'était pas, pour elle, empli de la sérénité rêvée.
C'est donc cela qu'elle nous dit ici, sans jamais s'en plaindre ni le regretter. Et là réside la puissance de son disque, point d'orgue — et, qui sait, point final ? — à cinq décennies d'une parfaite cohérence artistique. Ses dix nouvelles chansons portent le sceau de l'essentiel. Françoise Hardy s'y livre, sans faux-semblants ni concessions, quitte à effrayer de prime abord. Par sa mélancolie, ses accents tragiques, sa langueur et sa lenteur, l'album peut inquiéter, ne laissant entendre à l'auditeur de passage que sa noirceur. Disque solennel donc, plus classique que pop, avec son piano lancinant et ses cascades de cordes... A vrai dire, on aurait parfois aimé des arrangements plus modernes ou un tempo plus vivifiant. Mais dès qu'on y revient, qu'on y prête vraiment attention, L'Amour fou impose son rythme. A en devenir ensorcelant. D'abord, parce que dans ses ombres percent mille lumières vives ou tamisées qui donnent à la complexité du sentiment amoureux un infini relief. Ensuite, parce que si on ose l'écouter en face, ce sont aussi nos propres émois et nos propres échecs qu'on y entendra. (Télérama, 12 novembre 2012)
En 13 chansons, Françoise Hardy fait le bilan de toute une vie et tire sa révérence, une fois encore, en toute élégance...

Roger Marie, sublime aquarelliste et peintre remarquable.

Nous avons eu la joie de présenter une rétrospective des peintures de Roger Marie dont certaines avaient été exposées au Festival Ancres et Encres 2011. 
Nous avions été émerveillés par ces tableaux représentant St Vaast, La Hougue, Tatihou, les quais et les travailleurs de la mer, "figures" qu'il nous semble croiser encore en flânant sur les quais. 
Roger Marie est un peintre de « chez nous », qui fut professeur d’arts plastiques au lycée de Valognes. Il côtoya Marin Marie et bien d’autres peintres de la Marine. Il fut exposé au Musée de la Marine à Paris en 1963, et outre quantité d’autres expositions régionales, en fit une ultime à St Vaast en 1992. Nous voulions lui rendre hommage, et grâce à Antoinette, sa fille, notre souhait a vu le jour. 
Une affiche magnifique a été réalisée et se trouve encore en vente à la médiathèque. Cette exposition s'est tenue à la médiathèque du 31 juillet au 29 août. Elle eut un énorme succès et les splendides reproductions réalisées par Laurent Legendre ont été vendues en quantité.

Les oeuvres de Roger Marie exposées à la médiathèque de Saint-Vaast-la-Hougue
Connu pour ses aquarelles marine, le peintre Roger Marie, décédé en 2007 à Valognes, a laissé derrière lui de nombreuses oeuvres. Conservées par sa fille, Antoinette Marie, elles sont exposées à la médiathèque jusqu'au 29 août. «Mon père était professeur de dessin au lycée de Valognes et parallèlement peintre amateur. Il était reconnu par de grands artistes tels que Marin Marie avec lequel il a exposé. Il a également présenté ses oeuvres au musée de la Marine à Paris », explique Antoinette.
Antoinette Marie et Valérie

Des aquarelles aux encres, en passant par les huiles : environ 70 tableaux sont présentés à la médiathèque. « Ce sont principalement des peintures marines du Cotentin avec de nombreuses vues saint-vaastaises car c'était le lieu privilégié pour les vacances. Sa dernière exposition avait eu lieu en 1992 à la capitainerie », poursuit Antoinette. «Cette exposition est aussi un moyen de rendre hommage à mon père et à la région qu'il aimait. Mon but ultime est de pouvoir écrire un livre sur mon père et ses oeuvres picturales afin qu'il soit reconnu à sa juste valeur.» 
Ouest-France, mercredi 1er août 2012

Hélène Gestern, Eux sur la photo


Hélène ne connaît pas sa mère, morte alors qu'elle n'était qu'une enfant. D'elle on ne dit jamais rien. A 38 ans, elle se retrouve la fille d'un fantôme qu'elle aimerait comprendre. En débarrassant les affaires de ses parents, elle découvre une coupure de journal. Trois jeunes gens y posent. Deux hommes et une femme, sa mère. Elle lance alors une bouteille à la mer, une annonce dans un journal pour retrouver la famille de l'homme dont le nom est indiqué. Stéphane répond, il s'agit de son père, un homme qu'il a l'impression de ne pas connaitre.
Ensemble ils vont se lancer dans une enquête, pour revivre le passé de ces deux parents, plus de trente ans après les faits...

lundi 12 novembre 2012

Toni Morrison, Home


A 81 ans, Toni Morrison est la grande dame des lettres américaines. Prix Nobel de littérature en1993, elle est l’auteur de dix romans et le seul écrivain afro-américain à avoir été distingué par le jury suédois. Ses livres racontent l’histoire de sa communauté, qu’elle inscrit dans une quête universelle de liberté et de dignité. « Mon univers littéraire ne s’est pas rétréci parce que j’écris du point de vue d’une femme noire. Mon horizon s’est au contraire élargi », aime-t-elle rappeler. 
Pour le comité Nobel, Toni Morrison « reconstitue un aspect essentiel du vécu américain », « à travers ses romans dont les principales caractéristiques sont leur force visionnaire et leur lyrisme ».


Home, son nouvel ouvrage, poursuit et peaufine en 150 pages ce travail de concision charnelle et poétique à travers l'histoire de Frank Money et de sa soeur, prénommée Cee. Frank revient de la guerre de Corée. Brisé, fourbu, tout lui rappelle "un élément chargé de douleur". Le vétéran hanté par l'horreur de la violence se retrouve à Seattle, dans un hôpital psychiatrique qui ressemble à une prison, un mouroir. Dehors comme dedans, l'enfer est partout, la ségrégation raciale a monté d'un cran depuis qu'il est parti se battre comme tout bon Américain, et Frank doit fuir cette ville où l'on tue les vieillards à coups de tuyau avant de leur arracher les yeux. 
Apprenant que Cee sa petite soeur est en danger, il ira donc jusqu'à Lotus, son village natal en Géorgie, pour la sauver.
Mais si le titre de Toni Morrison, Home, laisse entendre un retour possible aux origines, Lotus n'est pas un lieu de paix et de réconciliation familiale mais "le pire endroit du monde, pire que n'importe quel champ de bataille".  
Tony Morrison situe son livre dans les années 1950, un temps de richesse et de prospérité pour l'Amérique blanche, et de misère absolue pour les Noirs. "White only" s'affiche partout dans le pays : transports, travail, meilleurs quartiers pour acheter un bon logement. On tue les Noirs puisqu'ils ne sont que des bêtes de somme. On les enterre vivants, comme dans le tout premier chapitre de "Home" qui relève du cauchemar. Franck et Cee ont assisté en cachette à un assassinat lorsqu'ils étaient enfants et Franck a mis sa main devant les yeux de sa petite soeur... Ils n'oublieront jamais cette scène d'apocalypse.

"Petit" roman (150 pages) qu'on serait tenté de qualifier de nouvelle si sa solide densité n'en faisait absolument un roman, un grand petit roman.
"Home" se lit d'un trait comme un texte simple et à la fois complexe, comme le sont les fables, écrites pour être lues et relues...