mercredi 22 avril 2015

Michel Bussi, Nymphéas noirs


"Nymphéas noirs "
c’est avant tout Giverny et son charme envoûtant, c’est aussi la vie de trois femmes enfermées dans le labyrinthe temporel et matériel de leur passion amoureuse et de leurs secrets. Vont-elles se retrouver ?
L’intrigue policière forme l’architecture de ce dédale aux multiples entrées dont l’une d’elles est réservée au lecteur très peu intéressé par le polar.
Passionnante mise en bouche pour découvrir ou redécouvrir l’univers de Claude Monnet.
Hervé Sérouart


samedi 7 mars 2015

Haruki Murakami, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerin


Vivre sans amour n'est pas vivre.

Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage.

Un homme, une femme, des blessures intimes et une mélancolie sous-jacente, exerçant magnifiquement ces sentiments inexpliqués qui étreignent le coeur.

Roman composé comme une partition de Liszt, des phrases simples et pudiques tout comme le personnage principal, Tsukuru.

On sort étrangement apaisé de ce roman.



Le coup de coeur de Lydie


Nickolas Butler, Retour à Little Wing

A travers l'amitié de quatre copains, nous voyons l'Amérique rurale du Midwest, l'Amérique des petits bleds un peu déglingués, l'Amérique des prairies à la beauté sauvage et non spectaculaire.

"Pour moi, c'est ça, l'Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu'on ne penserait jamais qu'elle tolère la musique, la nourriture ou l'énergie de danser."

Premier roman, auteur à suivre… J’ai aimé mais émets quelques réserves !... J’attends le prochain !...
Nadette


jeudi 22 janvier 2015

Pierre Lemaître, Au-revoir là-haut. Prix Goncourt 2013

Pierre Lemaître
L’immédiat après-guerre, vu par Pierre Lemaitre, n’est pas une partie de plaisir pour les poilus démobilisés. 
Albert écrit à Edouard : «Voilà comment ça finit, une guerre, mon pauvre Eugène, un immense dortoir de types épuisés qu’on n’est même pas foutu de renvoyer chez eux proprement». 
Oui, il l’appelle Eugène, car Edouard, gueule cassée, «gorge à ciel ouvert», a préféré faire le mort et ne pas rentrer chez son père qu’il abomine. Albert ne rentre pas non plus chez sa mère, mais il conserve son matricule. Les deux compères se livrent à un curieux marché, inutile d’en dire plus. Il y a enfin un réel méchant, dans Au revoir là-haut, le capitaine Pradelle. Après un comportement sordide sur le front, il continue tout naturellement dans l’abjection une fois la paix revenue. Il est lié à la part morbide et très noire du roman : la gestion des cadavres, leur exhumation, leur regroupement en de vastes cimetières, un trafic peu ragoûtant où la boue des sépultures prolonge celle des tranchées. 
Bigre, quel roman ! La guerre et l'après-guerre revues (et peut-être un tantinet corrigées !...) par Pierre Lemaître ! Du grand art ! Du grand polar ! Bien que différents de ses autres policiers ("Alex", "Robe de marié", "Cadre noir", "Sacrifice", etc), même construction implacable en trois parties ! 
Je suis fan de ce grand monsieur !
NR

L'oeil du prince, Les brumes de l'apparence, Frédérique Deghelt

2 romans de Frédérique Deghelt ont paru la même année : 
Les brumes de l'apparence et L'oeil du prince.
Pour moi, 2 coups de coeur !

L'oeil du prince



Est-ce que notre milieu nous conditionne ? Est-ce que le malheur est une fatalité ? Est-ce que nos choix sont tous guidés par l'amour ? Est-ce que "désaimer" c'est ne plus aimer du tout ? Est-ce que l'on fait assez attention à ce qui nous entoure ?
Frédérique Deghelt est un de ces auteurs qui donnent envie de partager sa lecture. Qui donne envie de dire à l'auteur(e) combien on a aimé, tel passage, tel enchainement...
Une citation de Georges Perec, au début du chapitre 5, me parait bien donner l'atmosphère du roman.

"Vivre, c'est passer d'un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner."



Les brumes de l'apparence

Prise dès le début par cette histoire que vit Gabrielle, un évènement inattendu qui surgit dans sa vie (l’héritage d’un terrain et d’une maison où il se passe de drôles de choses…), un évènement auquel rien ne vous prépare, un évènement qui révèle une part d’ombre restée longtemps enfouie en elle, une trace minuscule qui devient majeure et imposante, à tel point que toute la vie en est chamboulée. 
Soi-même, comment réagit-on face à ce qu’on ne savait pas de soi ? Et les autres, le mari, les enfants, les amis, les proches, les collègues de travail, comment comprennent-ils que nous ne sommes plus les mêmes ? Comment l’acceptent-ils ? Est-ce l’histoire d’une maison hantée ou plutôt celle d’une quête de soi, d’une connaissance de soi ?  Pour moi c'est ainsi que l’histoire que raconte Frédérique Deghelt a fait écho en moi, de façon mystérieuse mais ô combien lumineuse…


NR